Un clic sur une photo d'un article permet d'en ouvrir le diaporama ! Et laissez nous des commentaires !
lundi 30 avril 2012
Ma Panaméricaine
J'irais dormir chez vous.
- chercher la traduction d'un mot espagnol en allemand, français, italien ou anglais dans son dictionnaire vallant son poids
- traverser l'autoroute et monter sur la dune de l'autre côté et y admirer le coucher de soleil
- allumer son téléphone portable et écouter en haut-parleur des chansons de prière tout en découpant, cousant sa matière première
- aller sur l'Ile de Pâques (déjà cinq fois) et ça n'est pas permis à tous les chiliens.
J'ai entendu du bruit et j'y suis entré...
jeudi 19 avril 2012
La Terre qui tremble et c'est mes jambes qui se flagellent...
Pourtant, j'ai pas mal pris l'avion ces dernières deux semaines. Entre un aller Paris Roissy – Santiago du Chili à 20h de vol et un aller retour sur l'île de Pâques à 5h de vol en moyenne, ça nous fait un total avoisinant les 30h. Alors forcément, des turbulences, il y en a eu. Jamais de très forte à vous faire soulever le cœur, mais quand-même, assez importantes pour entendre les plastiques de l'habillage intérieur grincer. Assez aussi pour entendre les ailes de l'appareil se tordre dans les trous d'air. Mais bon, en l'air que peut il bien vous arriver ? Ce n'est pas une turbulence qui va faire piquer au sol le nez de la carlingue.
A vrai dire, je dormais depuis peu et je n'ai pas bien compris au début. J'ai d'abord cru à un gros camion qui passait à coté de la maison, vous savez celui qui fait un peu vibrer les fenêtres. Ensuite, je me croyais dans l'avion comme expliqué précédemment, vu que mon corps commençait un peu à être chaviré dans le lit de gauche à droite. Mais c'est là que je me suis rendu compte que j'étais justement allongé et que c'était quelque-chose d'autre. D'un coup d'un seul, j'ai déguerpi du lit pour me mettre sous le montant de la porte de ma chambre. Et là, j'ai réalisé que ce n'était pas un jeu d'un parc d'attraction. Même si je ne crois pas avoir vu de cadres bouger, que mon vélo est resté droit dans la cour de la maison sur sa béquille, ça fait tout de même un drôle d'effet d'entendre la charpente en bois craqué d'un sens puis de l'autre, de sentir le sol instable sous ses pieds. Jordi était à quelques mêtres de moi, tenant l'écran LCD pour éviter qu'il ne tombe. Ca passe très vite mais c'est très long. Il n'y a surtout rien à faire, juste à espérer que la secousse ne va pas encore s'accentuer.
Ca a duré 50 secondes je dirais. Et c'est seulement après que je n'ai plus maitrîsé mon corps. Dans mon esprit, tout était clair, c'est arrivé, ça a eu lieu, c'est fini. Par contre, mes jambes se sont mises à trembler de plus en plus fortement entraînant parfois mon torse. Impossible qu'elles s'arrêtent alors que ma tête le leur disait. Il aura fallu quelques grands coups de respiration pour que le calme complet ne revienne. Perturbant de voir ses membres vous désobéïr.
Rodrigo est venu très rapidement me voir car il sait que « often, tourists become crazy with such an earthquake ». Lui était assez détendu car accoutumé. C'est là que nous sommes descendus dans la chambre de son père où le moment des caractéristiques du séisme étaient attendus comme le prochain 22 avril 2012 en France à 20h00...
Notes à moi-même :
PS 1 : se rappeler que 4 heures auparavant en préparant mon vélo ; j'avais pensé à « et s'il y avait un tremblement de terre demain »...
PS 2 : se rappeler que pendant ma randonnée de nuit sur l'ïle de Pâques, ma seule crainte était de voir déambuler une vague hors normes.
PS 3 : Lors du grand tremblement de terre de Conception en 2010, j'étais en face en Nouvelle Zélande où les plages ont été barrés pour risque de tsunami. Le Chili m'en veut ?
L'île de Pâques mon sentiment général
L'île de Pâques ressemble à un grand parc d'attraction où tous les décors ne sont pas faits de polystirène peints et découpés mais, de vrais élements naturels, pierre, roche, volcans, d'éléments qui donnent à penser que cet endroit n'est pas réservé à n'importe qui, qu'il faut le mériter, que parcourir l'île en voiture n'est que calomnie au détriment des coulées de lave par les volcans jadis formées sans but de se faire fouler par des obèses starlettes américaines dont l'admiration va à la plage d'Anakena qui est plus encline à accueillir les tortues du pacifique que des baleines aux poches remplies de billets verts qui ne se reflètent pas sur les couleurs toujours changeantes des reliefs et pierres taillées étant les témoins d'une culture mystique et mystérieuse, fascinante et fascinée.
...bon d'accord, elle était longue !
Rapa Nui - Eastern Island - Ile de Pâques
Le pas de trop
Mais ici, il s'agissait de ma première vraie rando. Certes pas très longue mais voilà, ça montait et à un moment, j'ai fait un pas de trop. Celui qui a glissé mes yeux dans le cratère du volcan Rano Kau. Et alors là ! J'ai eu la même réaction que lorsque Jean Dujardin a reçu son Oscar, le même mot que lui « P..... ! » (pour la référence, c'est que j'aime bien cet acteur et surtout que j'ai réellement pensé à ça, c'était encore frais).
En fait, à cet instant, j'ai vraiment compris pourquoi j'étais venu là, à 15000km de la France. Je n'avais pas encore vu de Moais et j'étais déjà pourtant satisfait de la rentabilité de mon voyage.
C'est dire aussi, un cratère de 1,6km de diamètre posé directement sur la mer à tel point qu'une partie s'y effondre au fil du temps et composé en son milieu d'un lac naturel de 11 mètres de profondeur servant de réserve naturelle des variétés endémiques de l'île.
Je pense que j'ai du resté près de 2heures sur sa crète à contempler les changements de couleurs rythmés par les passages de nuages. Camaïeus de bleu, de vert, de jaune. Comme un enfant qui se fait dessus en voyant ce cadeau offert. Comme les anciennes boîtes à films des petits, avec l'image de fond qui se déplace en boucle de gauche à droite sans s'en lasser...
Ma mémoire me dit que c'est le plus beau paysage de la nature que j'ai pour l'instant vu dans ma vie.
Volcan Rano Kau
L'usine à Moais
Ce qu'il faut savoir, c'est que tous les Moais de l'ïle de Pâques ont été fabriqués à un seul et même endroit sur l'île. Cette manufacture à Moais se trouve sur le versant est du volcan Ranu Raraku. Et quand on voit à quelles distances de là se trouvent certains Moas, on se dit qu'ils devaient être gentillement fous dans leur passion.
En fait, on pourrait très bien avoir le sentiment que les polynésiens se soient dits un jour : « tiens, on va faire des Moas parcequ'on sait pas quoi faire, alors on va faire des statues». Bon, outre l'aspect esthétique qui s'explique par différentes modes (de formes carrés au départ a des formes plus coniques par la suite en passant par des formes arrondies), le Moai est avant tout une reconnaissance à l'ancètre. Et le fait qu'il soit dos à la mer est ainsi car l'ahu (comprenez la base qui sert d'autel aux Moais) protège le village de l'extérieur.
Il y avait également plusieurs tribus sur l'île, qui au fur et à mesure se sont lancées dans une certaine guerre froide, d'où les dimensions de plus en plus surhumaines des statues. Pas loin de 900 Moias ont été comptés sur les 162km² de superficie de Rapa Nui. Fou aussi de savoir que toutes les coiffes des Moas étaient fabriquées dans un autre cratère à une dizaine de kilomètres de là.
Alors quand on confronte ces chiffres, c'est cela qui donne le sentiment d'une activité assez folle où chaque homme avait son métier. Les plus réputés étant les artistes, ceux qui taillaient la pierre à leur donner leur aspect mystique et recherché. Il devait donc aussi y avoir des chefs de projets pour faire correspondre les deux avances de chantiers. Sans parler des ingénieurs qui imaginaient les techniques de découpes dans le volcan, des extirpations des Moais et de leur transport. Transport réalisé par des petites mains quoique certainement très musclées...
Cela devait être une vraie fourmilière et c'est assez dingue de voir que toutes les traces de cette vie résistent au temps. Tout a été arrété à l'époque subitement pour cause de guerres de clans et les Moais non encore en place sont restés : soit prêts à être acheminés, soit sont tombés en cours d'acheminement, soit étaient déjà installés et renversés par le clan adverse. Comment un tel engouement a t il pu être abandonné ?
Rano Raraku, l'usine à Moais